Les préparatifs de l’été 2004 avaient commencé dès le mois de Février. C’était la deuxième fois que nous souhaitions nous rendre en Bolivie, mais pour l’été 2003 nous nous sommes pris trop tard car il fallait d’abord faire une demande d’autorisation de demande de visa (sic !!) , au plus tard trois mois avant le départ (re-sic !!). C’est d’ailleurs comme ça que nous avions fini par passer nos deux mois (magnifiques) au Brésil, cet été là. Pour cette fois donc, nous avons prévu notre coup : nous avons acheté nos billets et entamé les démarches pour mes demandes de visas, six mois avant les vacances (ça change pour nous qui avions toujours eu l’habitude des last minutes) !!

Système débile : entre chaque pays, alors qu’il y a des routes et des moyens de locomotions bien plus simples, plus sympas et plus économiques, il me fallait prendre l’avion pour justifier l’entrée et la sortie des pays concernés. Pour les visas, il fallait téléphoner à des horaires précises aux ambassades à paris (aucun représentant en Guyane !!) (le service n’ouvre que le matin en France), ce qui nous faisait lever à 4h du mat étant donné les décalages horaires. A Xav on dit un truc, à moi autre chose !! Il fallait écrire du courrier, poster des mels, relancer encore et encore (parce qu’ils ne répondent qu’au bout de la quatrième ou cinquième fois). Comble du comble : on trouve même le toupet de nous exiger d’être sur place !! Il fallait alors leur expliquer maintes fois que ce n’était pas possible de se rendre à paris, qui est à 4000 bornes de chez nous, soit, plus loin encore que les pays où l’on souhaiterait se rendre !!! 

Les milliers de bâtons dans les roues ne nous empêchaient pourtant pas de rêver et d’y croire. Pas un jour ne se passait sans regarder l'immense carte du monde accrochée dans notre bureau. On repérait nos incontournables dans quelques guides. Résolutions de systèmes d'équations des possibles selon les quatre points quardinaux, le temps qu'on aurait et la forme des deux pays. Nos doigts parcouraient des itinéraires imaginaires. Nos esprits vagabondaient déjà là-bas...

Mois de juin : saison de pluie en Guyane et pourtant moments de grosses suées pour nous !! On nous accorde le droit de demander les visas par courrier, cependant, la demande ne doit être faite qu’un mois avant le départ pour chaque pays. Challenge !! Mon passeport a dû faire deux fois l’aller-retour entre la Guyane et Paris, en moins d’un mois !! On croise les doigts, sachant les délires des services postaux ici (entre les courriers qui disparaissent et les délai jamais respectés….).

23 juin, j’écris ceci à mes amis :

Grande nouvelle : ouf, j'ai reçu mon passeport que j'ai dû envoyer à Paris pour mes demandes de visas pour la Bolivie et le Chili !!! Je n'osais pas en parler car le délai était vraiment trop chaud, nous étions à deux doigts (ou plutôt deux jours) de ne pas partir !!! Et notre avion décolle .... DEMAIN !!!

Je m'en vais deux mois, dans la cordillère des Andes, au pays des indiens et des pingouins, jusqu'aux grands glaciers de la Terre de Feu (la pointe sud de l'Amérique du sud)... hier j'ai sorti mes vêtements d'hiver qui ont sommeilllé depuis plus d'un an dans des cartons, et il y a quelques semaines j'ai dû commander par le net des chaussures d'hiver (ça n'existe évidemment pas ici, et je n'ai pas envie de casser mes doigts de pieds avec uniquement des tongues dans la neige) !! Peut-être que je ferai du ski (oui, oui, pendant que vous bronzerez), et j'esère que je n'aurai pas le mal des montagnes car là-bas, ça culmine à + de 5000m d'altitude (les Pyrénées et les Alpes sont des dos d'âne à côté !!) ...