Granada est une ville de province tranquille, au gentil developpement touristique. Etant la plus vieille ville de l'Amerique centrale, elle degage un charme certain, avec son atmosphere de vieux temps a jamais figee...

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Dans les ruelles en pavees, resonnent en echo des pas de chevaux au trot. Les carosses servent encore ici de moyen de transport, comme les pousses pousses dans d'autres pays. A l'aube, la lumiere se leve doucement sur les toits des vieilles eglises, et s'infiltre dans la moindre faille des tuiles des maisons pour accompagner le reveil des habitants. Les petites gargottes s'installent sur les trottoirs pour proposer thes, cafes, tamalees et autres gateaux de maïs. Sur la place principale, les premiers encens brulent. Des hippies et similari ont deballee sur leur table basse a nappe rouge, bracelets, colliers et autres objets faits a partir de materiaux naturels. Avant d'aller travailler, des monsieurs aux chemises blanches parfois usees jusqu'a en devoiler leur peau, se font cirer leur chaussures par des enfants contents de leurs premieres pieces de la journee. Quand ils ne feuillettent pas des journaux, des jeunes en tablier discutent sur les bancs, sirotant un refrescante naturale. Ceux qui n'ont pas la chance d'aller a l'ecole proposent aux uns et aux autres du maní (cacahouettes) encornees dans des vieilles pages grises de cahiers d'ecole et soigneusement tassee dans un plat. Les mamas quant a elle, deambulent avec un panier sur la tete en criant "pasteles, pasteles". Leur voix n'etant pourtant pas enchantantes, difficile de ne pas craquer pour les fameux beignets. La journee deja bien entamee, ca tombe bien, c'est l'heure du petit encas, que les nicaraguens ne manquent jamais et dont on prend vite gout aussi... Apres quoi, la promenade peut continuer.

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A la sortie des banques et aux coins des rues du marchee, on nous agite de grosses liasses de dollars et de cordobas, la monnaie locale. "Cambio euros tambien" crie-t-on sans trop insister aux touristes qui hochent la tete avec un gentil sourire. Le marchee est animee depuis tres tot le matin. On aime bien s'y perdre, pour le plaisir du bruit, de l'odeur et des yeux, en zigzagant entre les allees de fruits qui nous sont parfois bien inconnus, de haricots noirs et rouges, de viandes, de vetements ou de toutes autres choses banales... En fin de matinee, nous sommes completement en nage dans nos tee-shirt tout collant de sueur. C'est que le soleil tape vraiment dur ici. Tout le monde circule alors a ras les murs, sur la trace des ombres qui deviennent tres etroites quand le soleil est au zenith.

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En fin d'apres midi, apres une petite sieste obligee, nos flaneries nous font sillonner a travers les ruelles etroites, d'ou la lumiere rase met en valeur les couleurs chatoyantes des maisons aux murs jaunes, violettes, bleues, roses, et aux tuiles oranges... Un boulevard agreablement ombragee invite le promeneur vers le lac, un peu a l'ecart de la ville. Les distances enormes en font une marche tres peu accourue. On adore... Le soir venu, les echos des pas des chevaux et des carosses s'engloutissent doucement dans le noir, les cris des petits vendeurs ne se font plus entendre, la place principale s'anime dans le chuchotement, et tous le bruits de la ville meurent dans la nuit.

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