Nous nous enfonçons d’abord dans une forêt assez dégagée, au sol volcanique sec et rocailleux. Le sentier n’est pas net. Heureusement d'ailleurs que nous avons pris les services d’un guide !! Bien que débrouillards et habitués aux forêts, on aurait vraiment eu du mal tout seuls. En plus, outre le rôle d’éclaireur dans le labyrinthe fou de la base du volcan, nous avons droit à d’excellentes leçons sur la faune et la flore. Fin connaisseur, le guide nous montre par exemple les plantes qui peuvent soigner les problèmes gastriques, celles pour les diabétiques, ou contre les moustiques… mais aussi, celles qui, au simple toucher, peuvent donner de la fièvre. Quand on passe sous des arbres géants peuplés de singes qui nous pissent dessus (non, non, ce n’était pas des gouttes de pluie…), il nous fait courir en nous expliquant que l’urine de ces singes-là contient des éléments qui brûlent la peau. Technique de défense de territoire !! Nous observons donc avec de la distance l'impressionnante colonie de macaques noirs aux pisses acides. Ils s'affairent l'air de rien. Parmi les autres étrangetés qui ont fait écarquiller nos yeux, le comportement possessif et agressif des fourmis au sujet d'une plante épineuse imbibée de sève mielleuse. Si on s'amuse à toucher la plante, les fourmis s'agglutinent toutes nerveusement sur les épines pour les protéger. Encore plus étrange, si la reine meurt, toutes les autres fourmis abandonnent la plante qui meurt à son tour.

Toutes ces observations entrecoupent l'ascension du cône du volcan. De quoi faire de petites pauses bienfaisantes pour nos cœurs emballés. En effet, même si dans cette partie de la rando la pente n'est pas hyper raide, elle est très très longue et nous l'attaquons avec le même rythme soutenu du départ quand nous ne sommes pas à l'arrêt. Dans nos caisses thoraciques, sous nos tee-shirts lourds de sueur, roulements de tambour fous.

Au fur et à mesure des kilomètres, la forêt devient humide tropicale. Bananiers et cafés sauvages ont étrangement poussé partout. Dans cette partie densément verte du cône, perruches et aras de toute race chantent à tue-tête. Leurs couleurs chatoyantes égayent la canopée de la jungle. Des morphos, identiques à ceux de la Guyane, voltigent gracieusement dans les airs, battant à peine leurs grandes ailes de soie bleues. Et chance pour nous, le fameux singe au visage blanc, que peu de gens parviennent à voir, se laisse observer le temps de quelques longues secondes à notre passage.

a12

h3