L'arrivée tout là haut nous rebooste le mental. Le défi que bien des personnes ont avorté en chemin est relevé en ce qui nous concerne !! Le corps bouillonnant de sueur, la joie d'avoir achevé l'ascension, la peine des derniers efforts marquée en nous comme avec le fer brûlant à tatouer un bétail, la fraîcheur de l’altitude, le  gaz chaud et étouffant des entrailles de la terre, toutes les sensations se mêlent en nous, au point de nous donner des frissons jusque dans les profondeurs des moelles de nos colonnes vertébraux. Une bonne petite pause nous remet de nos émotions. C'est aussi l'occasion pour refaire le plein d'énergie. Car ce n'est pas fini encore ! On a tout le chemin inverse à faire.

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Nous entamons la descente dans les profondeurs d'une faille dans la terre... difficile à décrire ! On aurait dit tout simplement une descente aux enfers... Nous crapahutons dans le brouillard de gaz, entre lave sablonneuse, caillouteuse, et rocs endurcis. Le tout évidemment sans échapper aux chutes tant la pente est raide. Xav s’en sort avec de bonnes égratignures enfantines sur les genoux, et ses semelles déchiquetées. Heureusement, pas d’entorses ! Pour Titine, zéro plaie. Par contre, le trajet retour est un vrai cauchemar pour elle ! Ce sont les genoux qui ne tiennent plus. Durant toute la descente, à la limite de la dégringolade, elle n'était plus qu'un pantin désarticulé, poussé à bout de ses possibilités physiques, et mécanisé par le seul objectif d’en finir !! Le psychique avait aussi atteint un niveau critique. Les retrouvailles avec le vert, la forêt et sa riche faune, la découverte de la première partie de la randonnée entamée dans le noir du petit matin, et même les beaux petits mombins orangés, pulpeux et acidulés, qu’elle peine à ramasser, la laissent presque indifférente. Cerise sur le gâteau : la randonnée s’achève, au bout de neuf à dix heures de marche raide, par une dernière course, comme au départ, après le bus en direction de notre village. Des trous faisant office de la plupart des bancs dans le bus, nous nous affalons par terre et dans la poussière. Les secousses de la piste défoncée remue nos douleurs. Derrière nous, le volcan Maderas s’éloigne dans un nuage de fumée rouge. Nous serrons la main du guide avec ses félicitations, et  nous nous traînons avec peine jusqu’à l’hotel.

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