Le taxi nous laisse au niveau d'un marché. La gare routière se  situe là. Nous trouvons enfin un peu de repères : ca grouille de monde, il y a du bruit  et des odeurs. C'est rassurant. De tant plus que nous avons la certitude d'être à San Pedro, l'étape effectivement obligée pour se rendre à La Ceiba, d'où l'on peut prendre une navettes pour les îles. Le top des tops, c'est que nous avons un bus qui part de suite. Juste le temps d'aller aux toilettes. Pour le déjeuner, tant pis. Il faut tenir le coup avec le reste de chips de la frontière. Il est 16h30, on ne veut pas louper notre bus. On ne tient pas à passer la nuit dans cette ville dont on vient à peine d'avoir la certitude du nom. A propos de la nuit, d'ailleurs, nous nous posons des questions. C'est déjà la fin de l'après-midi, il n'y aura probablement plus de navettes quand on sera à La Ceiba. On va devoir passer la nuit quelque part là bas. Mais nous sommes confiants. Vu la réputation des îles, La Ceiba doit être assez fréquentée touristiquement. Faute de ne pas trouver d'hotels, on trouvera bien des cybers où nous renseigner sur le net !!

En attendant le départ, nous observons cette facette Hondurassienne qui  se dévoile à nous, comme c'est quasimment la première ville du pays où nous faisons une vraie halte.

La première chose qui nous a énormément surpris, c'est la forte présence d'une population d'origine africaine. Voilà un peu plus d'une semaine que nous sommes en Amérique centrale, les yeux baignés par ce qui nous a habituellement déjà été donné à voir en Amérique du sud : une population à très très grande majorité amérindienne ("indigenas", comme on dit ici). Et puis voilà qu'après des centaines de kilomètres en bus sans avoir rencontré une âme humaine, la pudeur, la discrétion, les cheveux longs et lisses des femmes, les visages pâles, les traits typés à l'amérindienne des gens ont changé. Nos yeux ne peuvent que mettre du temps à s'habituer avec la peau noire, les cheveux crépus ou défrisés, les lèvres épaisses, et toute cette manière d'être si différent de l'amérindien, plus ou moins similaire à ce qu'on connait en Guyane, au Brésil, aux antilles ou ailleurs... L'espagnol est toujours la langue employée, mais avec un accent plus américanisé. Là aussi, les oreilles doivent peu à peu s'habituer.

La deuxième chose qui nous a carrément choqué cette fois-ci, s'est passée au moment d'entrer dans le bus : un contrôle de passeport évidemment, comme avant la montée de tout bus "de distance" au Brésil, en Bolivie, au Chili ou ailleurs. Mais... un contrôle avec une mitraillette ! Et, avec un passage au détecteur d'armes à feu sur chaque voyageur !!!! En plein milieu du marché ! On n'avait jamais vu ça ! A se demander si ça aurait dû nous rassuer ou au contraire, nous inquiéter... sur quoi ? on se le demande bien !!

Dans le bus, pendant le voyage, nous faisons connaissance avec Karine et Ross, un gentil couple franco-anglais, qui nous prêtent gentiment leur guide de voyage (Lonely Planet). Enfin, nous avons une idée concrète de l'endroit où nous nous trouvions, où nous nous dirigeons, une idée concrète de la forme de l'ensemble du pays et la position de ses villes. Nous en profitons pour noter quelques adresses d'hotels à La Ceiba, et prendre quelques renseignements sur l'île d'Utila, notre objectif ultime.