14 juillet 2005

Nous arrivons à Copan dans l'après-midi. L'atmosphère balnéaire chaud et salé des jours précédents, ainsi que l'ambiance 3animée (qu'on a pourtant à peine vécue) des villes du centre du Honduras apparaissent ici, à l'extrême nord du pays, comme irréel. Nous sommes à quelques kilomètres de la frontière Guatémaltèque, mais on dirait qu'on a déjà changé de pays.

Une fois le bus à l'arrêt, des racoleurs assaillent les touristes. Ils veulent porter nos sacs, nous amener voir des logements (con baño caliente), ou encore nous proposer d'être nos guides de ballades à faire dans le coin... On nous tend même des cartes de visite devenues  un peu ridées et marrons à force de manipulation... Un homme nous suit pendant un moment. Xav adopte la politique du "sourd méchant". Nous marchons vite, d'un pas déterminé, alors que nous ne connaissons rien de la ville. Certains routards font comme nous : froids et sûrs d'eux pour là où ils se rendent. Nous suivons de loin ceux qui sont accompagnés par des racolleurs, soit parcequ'ils se sont laissés entraîner, soit parceque, adoptant un1e politique plus soft, ils ne rejettent pas la discussion tout en leur faisant comprendre gentiment qu'ils ne  veulent pas de leurs services (c'est plus la politique à Titine, mais dans ces cas là, les racolleurs lâchent difficilement "le morceau"). Le choix du comportement à adopter est toujours délicat, car le touriste est souvent étiqueté de "pigeon bourge qui se fait facilement avoir", ou de "drôle d'extra-terrestre agressif et pingre".

Suivre des touristes arrivant mène forcément dans le coin des hotels (souvent situés dans une seule rue). "Los gemelos" : c'est celui que nous avions repéré : un des moins chers dans le guide du routard. Pour nous c'est du luxe : les sanitaires communes et les chambres sont propres, draps et couvertures ne sentent pas le moisi et en plus le cadre est bien vert. La première impression que nous avons en marchant dans les ruelles étroites en pavé de Copan, c'est le temps qui semble s'être suspendu quelque part : derrière les murs des vieilles maisons, la vie respire paisiblement ; l'odeur musquée des plantes fait deviner des patios coquettement fleuris ; au détour d'une rue, des pas 2de chevaux résonnent ; il n'y a quasimment pas de circulation. L'air est un peu plus frais que sur les côtes. Nous sommes légèrement en altitude, entourés de montagnes. Avec nos énormes sacs au dos, nos souffles haletant témoignent des efforts que nous devons fournir quand ca grimpe.

Nous logeons à deux pas du centre. La ville est bien petite. Nous passons le reste de l'après-midi à flâner sur la place principale pour passer le temps, discuter et observer. Les jardins sont superbement colorés et entretenus. Les locaux ont des têtes de broussar1ads. Les hommes sont parés à la cow-boy ; le plus frappant, ce sont leur chapeaux blancs ; tous les mêmes. Sur les trottoirs alentours, des femmes se sont installées. On s'attroupe autour d'elles. L'attraction vient de paniers chauds d'où se dégage une odeur irrésistible pour les gourmands. On s'installe sur des tabourets, par terre, ou on reste debouts. On ne sait pas trop ce qu'il y a mais on demande une part et on attend de se faire servir comme les autres. La petite malgache se régale (comme de tout ce qui est à grignoter sur les bords de route d'ailleurs) (c'est là qu'on goûte aux meilleures choses d'après elle). Xav préfère se méfier. Estomac non immunisé... Pas mal de touristes errent dans les ruelles, parcourant les magazins de souvenirs, sans oublier les étals d'artisanats des hippies installés à même le trottoir. A la nuit tombée, une douce fraîcheur monte et les pavés miroitent sous l'effet des vieux lampadaires allumés. Le ronflement d'un moteur de rickshaw (ces pousses-mobylettes comme on voit en Asie) s'évanouit dans l'ombre. L'âme de Copan semble avoir été éternellement tel.

Après une nuit froide sous les couvertures, nous nous réveillons à l'aube pour être à l'ouverture du fameux site historique de Copan (le but de notre étape ici). Nous nous y rendons en marchant, sans aucun soucis, après s'être bien renseignés sur le chemin à emprunter. Pas besoin de taxis, ni d'agences ! Les premiers guides sont déjà sur place pour sauter sur les premiers visiteurs. Mais ca va, ils ne sont pas encore lourds et collants à cette heure là. Nous les esquivons avec tact. Le site est superbe d'autant qu'il n'y a pas encore foule. Ce sont les premières ruines mayas que l'on visite et nous sommes déjà impressionnés. On dit que les plus belles stèles et les mieux conservées  des vestiges mayas sont ici. Visite en photos :

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